Laure Sarah

Publié le par candiice.over-blog.com

 

Le difficile c'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner.

 

Le temps a ses règles en ce moment, il pique ses crises, n'est jamais sûr de lui et il pleure sans prévenir. On appelle ça les giboulées de Mars. Et pendant que les nuages prennent leurs quartiers au dessus de mon velux, je revois mes idéaux. La météo est impropre à relativiser, il est temps de tourner les pieds d'un autre coté. Il est six heures, mon réveil va sonner mais l'oiseau le précède.

Ses notes aiguës réveillent mes tympans et pendant que le volatile symphonise, mes muscles s'étirent. Je me lève, ouvre mes volets, une pie me fait face. Elle me regarde de ses yeux arrogants, elle me jauge et elle danse. Elle reste là, à sautiller, elle n'a pas peur. Personne ne lui a dit que j'étais méchante ? Je referme ma fenêtre. Elle vient immédiatement se poser sur le rebord et provoque mes carreaux de sa grâce de prostituée.

 

C'est ça approche, je suis plus à un drôle d'oiseau près ; très classe le noir et blanc au fait, mais où est le rouge passion, mademoiselle de petite vertu ? Ah je vois, tu n'es que l'image décolorée du perroquet ? Eternelle jalouse. Pourtant tu sais la pie, j'aimerais pourvoir être aussi manichéenne que toi : oui c'est oui, non c'est "sauf si t'as de l'argent". Mais j'aime trop la nuance. J'aime aussi le jeu pour le jeu, alors que toi, tu vises la finalité en elle même. Tu es une putain la pie, ta fin justifie tes moyens là où je reste une peste, où le moyen me fascine avant tout. Accuse moi de bons sentiments si ça te chante, je me ballade là où tu es la groupie de tes envies. Tes plumes s'alourdissent de tes vols, tes yeux sont les exclaves du scintillant pendant que je ne désire que du sentiment.

 

On pourrait s'y laisser prendre, il y a quand même quelque chose dans ta voix qui parait dire "viens", un incroyable charme à trois temps. Comme une invitation à la légèreté. Vas y, chante ma pie, chante pour le soleil absent. Regarde, lui aussi te détracte, il ne rayonne même plus. Ne me dis pas que tu l'as aussi dérobé ? Rend le, il nous manque. Ne fais semblant, pas avec moi, être une catin ne se mesure pas dans les actes, mais dans ses conséquences. Et puis tu sais l'oiseau, il nous reste à apprendre toutes deux, que si l'équilibre se trouve à force d'éxcès, tout ce qui brille n'est pas de l'or.

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