Matthieu

Publié le par Candiice

La moelle la plus exquise se trouve dans l'os le plus dur.

 

Timidement, tes doigts caressent ma nuque, s'imisçent entre mes cheveux. Comme un invité tu replaces ta main sur ma gorge artiste. Il y avait longtemps que tu n'étais pas venu chercher un peu d'espoir entre mes deux cordes vocales.

 

Je pensais que tu l'avais enterré ton espoir. Souviens toi, je t'avais hurlé de tous mes poumons de petite fille, que l'espoir, tu as beau faire tout ce que tu veux, ça ne meurt jamais. Tu attentais à ma valeur immuable, à ma pierre philosophale. Hors de question que j'accepte que toi et ton petit potentiel, aussi têtus que vous soyez, vous vous imposiez une punition de vie aussi dure. A l'époque, mon acharnement t'avait fait rire et tu m'avais répondu, indifférent à mes cris outrés, que l'espoir était une de ces belles femmes qui usent et (surtout) abusent de leur séduction pour tout se faire offrir. Et toi, les femmes, tu avais décidé de ne plus leur donner que le minimum syndical, et encore, dans la limite des stocks disponibles.

 

C'est vrai que j'avais eu l'impression d'avoir rencontré l'enfant terrible. Un petit caïd aux dents dures et aux oreilles coupées. Tu me regardais de loin, les bras croisés sur tes conclusions bornées, contestataire du monde entier. Mais tu sais, il n'y a que le Christ qui ait percé en tant qu'anarchiste des grands sentiments. Et encore, il faut voir dans quelles conditions. Comme une évidence, j'ai su que tu ferais couler du sang, des larmes, de la sueur et mon encre. Essayer de te comprendre est un temps où l'on dit des bêtises, t'en parler, où on les paie.

 

J'avais finis par me taire, je m'étais dit que ma jeunesse trop naïve finirait muselée et que la vie, avec tous ses naufrages, finirait par me rallier à ta cause. Moi, de mes yeux insoumis, j'acceptais pour la première fois, le regard en contre plongée.

 

Et te voilà, un millier d'années plus tard et une centaine de noyades à nous deux, les phalanges repentantes, aggripées à ma peau palpitante. Alors vas y, n'ai pas peur, demande moi encore de chanter. Je t'emmène dans mon monde merveilleux, ma force, je la puise au delà d'un nombre excitant de décibels. Viens te servir. J'en ai à revendre, mon organe est surentrainé. Et ça fait longtemps qu'il t'attend.

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